Combien de vitamine K par jour : la dose idéale selon votre profil

Un adulte en bonne santé a besoin de 79 microgrammes de vitamine K par jour selon les recommandations françaises de l’ANSES. Cette quantité correspond à une simple portion d’épinards ou de chou kale. Mais vos besoins réels dépendent de votre âge, de votre état de santé et parfois de vos traitements médicaux en cours.

Les recommandations officielles par profil

Pour les adultes en bonne santé

Les chiffres que vous trouvez en ligne peuvent vous sembler contradictoires. L’ANSES française préconise 79 µg quotidiens, tandis que les autorités américaines recommandent 90 µg pour les femmes et 120 µg pour les hommes. L’EFSA européenne propose des valeurs encore différentes.

Ces variations s’expliquent par des méthodes de calcul différentes et des marges de sécurité variables. Dans la pratique médicale, tout apport situé entre 70 et 120 µg par jour couvre largement vos besoins physiologiques. Votre corps utilise la vitamine K avec une grande efficacité, et ces écarts de recommandations n’ont aucune conséquence clinique.

Ce qui compte vraiment, c’est la régularité de vos apports plutôt que l’atteinte d’un chiffre précis au microgramme près.

Les besoins spécifiques selon l’âge

Vos besoins en vitamine K évoluent au fil de votre vie. Voici les apports adéquats recommandés par l’ANSES pour la population française :

Tranche d’âgeApport quotidien recommandé
Nourrissons 0 à 6 mois5 µg
Nourrissons 6 mois à 1 an10 µg
Enfants 1 à 3 ans29 µg
Enfants 4 à 6 ans42 µg
Enfants et adolescents 6 à 17 ans45 µg
Adultes (hommes et femmes)79 µg
Femmes enceintes79 µg
Femmes allaitantes79 µg

Les nouveau-nés méritent une attention particulière. Leur système digestif immature ne peut pas encore synthétiser suffisamment de vitamine K via leur flore intestinale. Le lait maternel en contient également très peu. C’est pourquoi tous les nouveau-nés reçoivent systématiquement une supplémentation en vitamine K dès la naissance et à la sortie de maternité, parfois prolongée durant les premières semaines de vie.

Femmes enceintes et allaitantes

Contrairement à d’autres vitamines, vos besoins en vitamine K ne changent pas pendant la grossesse ou l’allaitement. Les 79 µg quotidiens restent suffisants pour vous et votre bébé.

Cette stabilité des besoins ne signifie pas que la vitamine K n’est pas importante durant cette période. Elle l’est, mais votre organisme s’adapte naturellement pour optimiser son utilisation. Votre bébé constituera ses propres réserves après la naissance grâce à la supplémentation systématique que lui prescrira le pédiatre.

Vitamine K1 ou K2 : faut-il les compter séparément ?

La vitamine K existe sous deux formes principales dans votre alimentation. La vitamine K1 (phylloquinone) provient des végétaux verts et joue un rôle essentiel dans la coagulation sanguine. La vitamine K2 (ménaquinones) se trouve dans les produits fermentés et d’origine animale, et agit davantage sur la santé osseuse et cardiovasculaire en dirigeant le calcium vers les os plutôt que vers les artères.

Ces deux formes ont des fonctions complémentaires dans votre corps. La K1 active les facteurs de coagulation produits par votre foie. La K2 active l’ostéocalcine, une protéine qui fixe le calcium sur vos os, et la protéine MGP qui empêche la calcification de vos artères.

Les recommandations officielles de 79 µg englobent les deux formes. Vous n’avez pas besoin de calculer séparément vos apports en K1 et K2. Une alimentation variée avec des légumes verts quotidiens et quelques produits fermentés ou œufs dans la semaine vous apporte naturellement les deux formes en proportions adéquates.

Certaines sources mentionnent des apports idéaux de 90 µg de K1 et 120 µg de K2. Ces chiffres proviennent d’études récentes suggérant des bénéfices supplémentaires pour la santé cardiovasculaire et osseuse, notamment chez les personnes âgées. Ils ne constituent pas des recommandations officielles mais plutôt des pistes de recherche intéressantes.

Quand l’alimentation ne suffit pas

Les situations à risque de carence

La plupart des adultes en bonne santé couvrent facilement leurs besoins en vitamine K par l’alimentation. Les carences restent rares dans la population générale. Certaines situations médicales peuvent toutefois perturber vos apports ou votre capacité à absorber cette vitamine.

Les maladies digestives chroniques comme la maladie de Crohn, la rectocolite hémorragique ou la maladie cœliaque réduisent l’absorption des vitamines liposolubles, dont la vitamine K fait partie. Si vous souffrez d’une de ces pathologies, votre médecin surveillera régulièrement vos taux et pourra vous prescrire une supplémentation adaptée.

Les traitements antibiotiques prolongés détruisent une partie de votre flore intestinale, qui produit naturellement de la vitamine K2. Un traitement de quelques jours ne pose généralement pas de problème, mais plusieurs semaines d’antibiotiques peuvent justifier une surveillance.

Les personnes très âgées avec une alimentation très déséquilibrée, pauvre en légumes verts, peuvent développer des apports insuffisants. L’isolement social, les difficultés de mastication ou la perte d’appétit aggravent ce risque.

Certaines chirurgies bariatriques modifient votre capacité d’absorption et nécessitent un suivi nutritionnel incluant la vitamine K.

Supplémentation : doses et précautions

Les compléments alimentaires contenant de la vitamine K apportent généralement entre 25 et 100 µg par prise. Certains produits dédiés à la santé osseuse peuvent contenir jusqu’à 180 µg de vitamine K2 sous forme MK-7, une forme particulièrement bien absorbée et à action prolongée.

Vous ne devez jamais commencer une supplémentation en vitamine K de votre propre initiative si vous prenez des anticoagulants de type AVK (antivitamines K) comme la warfarine ou l’acénocoumarol. Ces médicaments agissent précisément en bloquant l’action de la vitamine K. Un apport supplémentaire non contrôlé diminuerait l’efficacité de votre traitement et augmenterait votre risque de thrombose.

Pour les personnes sous AVK, la stratégie médicale consiste à maintenir des apports réguliers et stables en vitamine K, généralement entre 100 et 150 µg par jour, sous surveillance biologique stricte. La régularité compte plus que la quantité exacte. Votre INR (mesure de la coagulation) doit rester dans la zone thérapeutique cible.

Si vous prenez des nouveaux anticoagulants oraux (rivaroxaban, apixaban, dabigatran), la vitamine K n’interfère pas avec leur action. Vous pouvez consommer normalement vos légumes verts sans restriction particulière.

Avant toute supplémentation, même à faible dose, parlez-en à votre médecin. Cela vaut particulièrement si vous êtes enceinte, si vous allaitez, ou si vous avez des antécédents de troubles de la coagulation.

Peut-on avoir trop de vitamine K ?

Bonne nouvelle : la vitamine K ne présente pas de toxicité connue, même à des doses élevées provenant de l’alimentation. Aucune limite supérieure de sécurité n’a été établie par les autorités sanitaires. Des études ont testé des doses très élevées pendant un à deux ans sans observer d’effets indésirables notables.

Votre organisme régule naturellement l’absorption et l’utilisation de la vitamine K. Les excès sont simplement éliminés. Vous pouvez donc consommer sans inquiétude de grandes quantités de légumes verts riches en vitamine K.

La seule exception concerne les personnes sous traitement anticoagulant AVK, pour qui une consommation trop importante et irrégulière peut déséquilibrer le traitement. Mais là encore, le problème n’est pas la toxicité de la vitamine K elle-même, mais son interaction avec le médicament.

Pour ces patients, l’objectif médical n’est pas de supprimer la vitamine K de l’alimentation, ce qui serait contre-productif et nutritionnellement néfaste. L’objectif est de maintenir des apports constants d’un jour à l’autre. Manger régulièrement des légumes verts en quantité stable permet à votre médecin d’ajuster précisément la dose d’anticoagulant.

Les variations brutales posent plus de problèmes que les quantités absolues. Une semaine sans légumes verts suivie d’une semaine avec des salades quotidiennes perturbera votre INR bien plus qu’une consommation régulière même élevée.

Comment atteindre vos besoins quotidiens

Les meilleures sources alimentaires

La vitamine K se trouve principalement dans les aliments suivants, avec leur teneur pour 100 g :

Sources très riches en vitamine K1 (végétaux verts)

Les herbes aromatiques battent tous les records. Le persil frais contient environ 1 200 µg de vitamine K pour 100 g, et le thym séché grimpe à 1 700 µg. Bien sûr, vous n’en consommez pas 100 g d’un coup, mais quelques brins de persil dans vos plats apportent déjà une contribution intéressante.

Les légumes à feuilles vertes constituent vos meilleures sources quotidiennes. Les épinards frais contiennent environ 380 µg pour 100 g, le chou kale environ 700 µg, les blettes 830 µg. Le brocoli apporte 140 µg, les choux de Bruxelles 180 µg, la laitue romaine 100 µg.

Les huiles végétales représentent aussi de bonnes sources. L’huile de soja contient 180 µg pour 100 ml, l’huile d’olive 60 µg, l’huile de colza 70 µg.

Sources de vitamine K2 (produits fermentés et animaux)

Le natto, un produit japonais à base de soja fermenté, reste la source la plus riche en K2 avec plus de 1 000 µg pour 100 g. Son goût très particulier ne plaît pas à tous les palais occidentaux.

Les fromages fermentés comme le gouda, le brie ou le camembert apportent entre 50 et 80 µg de K2 pour 100 g. Les jaunes d’œufs contiennent environ 30 µg pour 100 g. Le foie de poulet environ 13 µg.

Ces aliments contribuent à vos apports totaux en vitamine K, même si leurs teneurs sont plus modestes que celles des légumes verts pour la K1.

Combien de portions par jour ?

Atteindre les 79 µg quotidiens recommandés est plus simple que vous ne le pensez. Une portion de 100 g d’épinards cuits vous apporte déjà près de 380 µg, soit presque cinq fois vos besoins de la journée.

Une portion de 50 g de chou kale cru en salade vous donne environ 350 µg. Un bol de brocoli (environ 150 g) apporte 210 µg. Même une simple salade verte de laitue romaine (100 g) couvre vos besoins quotidiens.

En pratique, manger quotidiennement une portion de légumes verts à feuilles ou de crucifères (brocoli, chou) suffit largement. Vous dépasserez même souvent les recommandations, ce qui ne pose aucun problème comme nous l’avons vu.

Si vous n’aimez pas particulièrement ces légumes, vous pouvez diversifier avec des herbes aromatiques dans vos plats, une vinaigrette à l’huile de colza ou de soja, et quelques portions de fromage dans la semaine. La variété alimentaire reste votre meilleure stratégie.

La vitamine K étant liposoluble, votre organisme l’absorbe mieux en présence de matières grasses. Assaisonnez vos salades avec un filet d’huile, cuisez vos épinards avec une noisette de beurre, ou mangez vos légumes dans un repas qui contient des protéines et des lipides. Cette simple habitude optimise votre absorption.


Les 79 microgrammes quotidiens de vitamine K recommandés pour un adulte français sont faciles à atteindre avec une alimentation comportant régulièrement des légumes verts. Votre âge, votre état de santé et vos éventuels traitements peuvent modifier ces besoins. Si vous prenez des anticoagulants, si vous souffrez d’une maladie digestive chronique, ou si vous envisagez une supplémentation, parlez-en à votre médecin. Dans tous les autres cas, une assiette colorée avec des légumes verts plusieurs fois par semaine vous garantit des apports optimaux sans calcul compliqué.

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