Quelle maladie provoque un manque de potassium ?

Un manque de potassium, aussi appelé hypokaliémie, touche près d’une personne hospitalisée sur cinq. La bonne nouvelle, c’est que dans la grande majorité des cas, la cause est identifiable et le déséquilibre se corrige bien une fois qu’on l’a repérée. Voici les maladies et les situations qui en sont responsables, et les signes qui doivent vous amener à consulter.

Qu’est ce qu’un manque de potassium

Le potassium est un minéral qui circule dans le sang et à l’intérieur des cellules. Il participe à la contraction des muscles, à la transmission des signaux nerveux et à la régularité du rythme cardiaque.

On parle d’hypokaliémie quand le taux de potassium dans le sang descend sous 3,5 mmol/L. En dessous de 3,2 mmol/L, la carence est considérée comme plus marquée et mérite une attention particulière. Ce chiffre n’est utile que replacé dans le contexte de votre état de santé général, c’est votre médecin qui l’interprète.

Les maladies qui provoquent une carence en potassium

Le potassium se perd principalement par les urines, la sueur ou le tube digestif. Quand une de ces voies fonctionne mal ou perd trop de potassium, une carence peut s’installer.

Les maladies rénales

Les reins filtrent le potassium et ajustent son élimination selon les besoins du corps. Certaines maladies rénales chroniques perturbent ce réglage fin et entraînent une fuite excessive de potassium dans les urines.

C’est une cause à surveiller de près chez les personnes âgées ou déjà suivies pour une insuffisance rénale, car leur équilibre en potassium est plus fragile.

Les maladies digestives

Les diarrhées chroniques et les vomissements répétés font perdre beaucoup de potassium en peu de temps. Deux maladies inflammatoires de l’intestin sont particulièrement concernées : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

Le syndrome du côlon irritable, quand il s’accompagne de diarrhées fréquentes, peut aussi contribuer à cette perte, même si l’hypokaliémie y est en général plus modérée.

Les troubles hormonaux

Certaines glandes surrénales produisent trop d’une hormone appelée aldostérone, dont le rôle est justement de favoriser l’élimination du potassium par les reins. C’est ce qu’on appelle l’hyperaldostéronisme primaire, ou syndrome de Conn.

Cette pathologie reste peu connue du grand public alors qu’elle concernerait environ 5 à 10 % des personnes souffrant d’une hypertension artérielle difficile à équilibrer. L’association d’une tension élevée et d’un potassium bas doit toujours faire évoquer cette piste auprès de votre médecin.

Les causes médicamenteuses

C’est en réalité la cause la plus fréquente en pratique courante. Les diurétiques, prescrits pour l’hypertension ou l’insuffisance cardiaque, augmentent l’élimination urinaire de potassium. Entre 10 et 40 % des personnes qui en prennent présentent une carence, le plus souvent légère.

Les laxatifs utilisés de façon prolongée ou certains traitements à base de corticoïdes peuvent avoir un effet similaire.

Reconnaître les symptômes selon la gravité

Une carence légère passe souvent inaperçue. Les signes deviennent plus nets à mesure que le taux de potassium baisse.

Niveau de carenceSymptômes possibles
LégerSouvent aucun symptôme perceptible
ModéréFatigue, faiblesse musculaire, crampes, constipation
SévèrePalpitations, troubles du rythme cardiaque, faiblesse marquée pouvant aller jusqu’à une forme de paralysie

Quand consulter en urgence

Des palpitations, une faiblesse musculaire qui s’installe rapidement ou des sensations de malaise doivent vous amener à consulter sans attendre. Une hypokaliémie sévère peut perturber le rythme cardiaque de façon dangereuse, en particulier chez les personnes déjà fragiles sur le plan cardiaque ou rénal.

Comment confirme t on le diagnostic

Le diagnostic repose sur une simple prise de sang qui mesure le taux de potassium (ionogramme sanguin). Votre médecin complète souvent ce bilan par un contrôle de la fonction rénale et, selon le contexte, par une recherche des causes hormonales évoquées plus haut.

Que faire en cas de carence confirmée

Une carence légère se corrige souvent en enrichissant l’alimentation en aliments riches en potassium, comme les bananes, les épinards ou les légumineuses. Une carence plus marquée peut nécessiter une supplémentation, mais celle ci doit toujours être encadrée par un médecin, en particulier si vous avez une maladie rénale, car un excès de potassium est tout aussi risqué qu’un manque.

Si la cause identifiée est un médicament, un ajustement du traitement est parfois suffisant. Quand une maladie hormonale ou digestive est en cause, c’est sa prise en charge spécifique qui permettra de rétablir durablement l’équilibre.

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