Carence en vitamine B12 : symptômes, causes et solutions

Fatigue persistante, troubles de mémoire, fourmillements dans les mains : ces signes peuvent révéler une carence en vitamine B12, un déficit plus fréquent qu’on ne le pense. Cette vitamine joue un rôle essentiel dans la fabrication des globules rouges et le bon fonctionnement du système nerveux. Comprendre les mécanismes de cette carence permet de la détecter à temps et de la corriger efficacement.

Qu’est-ce que la vitamine B12 et pourquoi est-elle indispensable ?

La vitamine B12, également appelée cobalamine, fait partie des vitamines du groupe B. Contrairement à la plupart des autres vitamines, elle n’est produite ni par les plantes ni par les animaux, mais exclusivement par certaines bactéries. C’est pourquoi on la trouve principalement dans les aliments d’origine animale.

Notre organisme ne sait pas fabriquer la vitamine B12. Il dépend entièrement des apports alimentaires pour maintenir des niveaux suffisants. Cette vitamine remplit trois fonctions principales dans notre corps.

Elle participe à la formation des globules rouges. Sans elle, la moelle osseuse produit des cellules anormalement grandes et immatures qui ne transportent pas correctement l’oxygène vers les tissus. Cette anomalie entraîne ce qu’on appelle une anémie macrocytaire.

La vitamine B12 protège également le système nerveux. Elle intervient dans la fabrication de la myéline, cette gaine qui entoure et protège les fibres nerveuses. Lorsque cette protection fait défaut, les messages nerveux circulent mal, provoquant des symptômes neurologiques parfois sévères.

Enfin, elle joue un rôle dans le métabolisme cellulaire, notamment dans la synthèse de l’ADN et le fonctionnement de certaines enzymes essentielles. Elle participe aussi à la transformation de l’homocystéine en méthionine, un acide aminé important pour de nombreuses réactions biochimiques.

Les besoins quotidiens en vitamine B12 sont relativement modestes : environ 4 microgrammes par jour pour un adulte, légèrement plus (4,5 µg) pour les femmes enceintes. Ces quantités peuvent sembler infimes, mais leur importance est capitale.

Les symptômes d’une carence en vitamine B12

Les manifestations d’une carence en vitamine B12 sont variées et peuvent toucher plusieurs systèmes de l’organisme. La particularité de cette carence, c’est qu’elle s’installe progressivement, parfois sur plusieurs années, permettant au corps de s’adapter partiellement. Résultat : les symptômes peuvent rester discrets pendant longtemps, puis apparaître brutalement lorsque les réserves sont épuisées.

Les signes liés à l’anémie

La fatigue chronique constitue souvent le premier signal d’alerte. Elle ne ressemble pas à une simple lassitude passagère : elle persiste même après une nuit de sommeil complète et s’accompagne d’une sensation de faiblesse générale. Cette fatigue s’explique par le manque d’oxygénation des tissus.

La pâleur est un autre signe caractéristique. La peau et les muqueuses (notamment l’intérieur des paupières) prennent une teinte décolorée. Certaines personnes remarquent également une coloration légèrement jaunâtre de la peau, due à la destruction prématurée des globules rouges anormaux.

L’essoufflement survient lors d’efforts qui auparavant ne posaient aucun problème. Monter quelques étages, marcher rapidement ou porter des courses deviennent difficiles. Le cœur tente de compenser le manque d’oxygène en accélérant son rythme, ce qui explique les palpitations et la tachycardie fréquemment rapportées.

Des vertiges peuvent apparaître, surtout lors des changements de position. Ils traduisent une mauvaise irrigation du cerveau par un sang appauvri en oxygène.

La particularité de l’anémie par carence en B12, c’est qu’elle se développe lentement. L’organisme a le temps de s’habituer à cette baisse progressive du nombre de globules rouges fonctionnels. C’est pourquoi certaines personnes tolèrent des anémies profondes sans symptômes spectaculaires, ce qui retarde parfois le diagnostic.

Les manifestations neurologiques

Les atteintes du système nerveux constituent l’aspect le plus préoccupant de la carence en vitamine B12. Elles peuvent survenir même lorsque l’anémie n’est pas encore installée.

Les fourmillements et engourdissements touchent principalement les mains et les pieds. Ces paresthésies débutent souvent aux extrémités (bout des doigts, orteils) puis remontent progressivement. Elles peuvent être symétriques et donner l’impression de porter des gants ou des chaussettes.

Des troubles de l’équilibre apparaissent dans les formes plus avancées. La démarche devient instable, hésitante. Certaines personnes ont l’impression de marcher sur du coton ou de ne plus sentir correctement le sol sous leurs pieds. Cette sensation s’explique par l’atteinte de la sensibilité profonde, qui nous permet normalement de localiser notre corps dans l’espace.

La faiblesse musculaire peut se manifester dans les jambes, rendant difficile la montée des escaliers ou le passage de la position assise à debout. Les réflexes tendineux peuvent diminuer ou disparaître.

Ces symptômes neurologiques résultent de l’atteinte de la myéline, cette gaine protectrice des nerfs. Sans vitamine B12, la myéline se dégrade progressivement, perturbant la transmission des messages nerveux. On parle de sclérose combinée de la moelle dans les formes sévères, car l’atteinte touche à la fois les nerfs périphériques et la moelle épinière.

Les troubles cognitifs et psychiatriques

L’impact de la carence en vitamine B12 sur le cerveau ne se limite pas aux troubles moteurs. Les fonctions cognitives peuvent également être affectées.

Les difficultés de concentration et les troubles de mémoire représentent des plaintes fréquentes. Les personnes ont du mal à se concentrer sur une tâche, oublient des informations récentes, égarent leurs affaires. Ces symptômes peuvent être confondus avec un surmenage ou, chez les personnes âgées, avec les premiers signes d’une démence.

Des changements d’humeur sont également possibles : irritabilité inhabituelle, état dépressif, anxiété. Dans les cas sévères, une véritable confusion peut s’installer, avec désorientation temporelle et spatiale.

Ces manifestations psychiatriques s’expliquent par plusieurs mécanismes. La vitamine B12 participe à la synthèse de certains neurotransmetteurs. Son déficit perturbe également le métabolisme de l’homocystéine, dont l’accumulation peut endommager les tissus cérébraux.

Le point important à retenir : ces symptômes cognitifs peuvent apparaître avant que l’anémie ne soit détectable dans le sang. Un dosage de la vitamine B12 doit donc être envisagé devant des troubles de mémoire ou une dépression, même si la numération sanguine est normale.

Les signes digestifs et autres manifestations

Certaines personnes développent une glossite, inflammation de la langue qui devient rouge, lisse et douloureuse. La langue peut également prendre un aspect vernissé, avec disparition des papilles gustatives. Ce symptôme s’accompagne parfois de sensations de brûlure dans la bouche.

Une perte d’appétit progressive peut survenir, associée à un inconfort digestif diffus. Ces symptômes entraînent parfois une perte de poids non intentionnelle.

Plus rarement, on observe des troubles visuels (vision trouble, perception altérée des couleurs) liés à une atteinte du nerf optique.

Les causes de la carence en vitamine B12

Comprendre pourquoi une carence s’installe permet de mieux cibler le traitement. Les mécanismes en jeu sont variés et parfois intriqués.

La carence d’apport alimentaire

La vitamine B12 est quasiment absente des aliments d’origine végétale. Seuls quelques produits fermentés ou certaines algues en contiennent des traces, mais sous des formes souvent inactives chez l’homme.

Les régimes végétaliens stricts (sans aucun produit animal) exposent donc systématiquement à une carence si aucune supplémentation n’est mise en place. Cette carence ne survient pas du jour au lendemain : le foie stocke de grandes quantités de vitamine B12, suffisantes pour couvrir les besoins pendant 3 à 5 ans en moyenne après l’arrêt total des apports.

Les régimes végétariens (qui autorisent œufs et produits laitiers) présentent un risque moindre, mais réel. Les apports peuvent être insuffisants si la consommation d’œufs et de laitages reste faible. Une surveillance régulière du statut en B12 reste recommandée.

Chez les personnes âgées, notamment celles vivant seules ou en institution, l’alimentation peut devenir monotone et pauvre en produits carnés. Cette situation, combinée à d’autres facteurs liés à l’âge, augmente le risque de carence.

Les troubles de l’absorption

L’assimilation de la vitamine B12 est un processus complexe qui peut être perturbé à plusieurs niveaux. Comprendre ce mécanisme permet de saisir pourquoi certaines personnes développent une carence malgré des apports alimentaires suffisants.

Dans l’estomac, la vitamine B12 contenue dans les aliments est d’abord libérée des protéines auxquelles elle est liée, grâce à l’acidité gastrique. Elle se fixe ensuite sur une protéine spécifique appelée facteur intrinsèque, produite par les cellules de la paroi gastrique. Ce complexe B12-facteur intrinsèque voyage jusqu’à l’iléon terminal (dernière partie de l’intestin grêle), où il est absorbé par des récepteurs spécialisés.

La maladie de Biermer illustre parfaitement l’importance du facteur intrinsèque. Il s’agit d’une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque les cellules gastriques qui produisent ce facteur. Sans facteur intrinsèque, la vitamine B12 ne peut plus être absorbée, même si l’alimentation en apporte suffisamment. Cette pathologie touche principalement les personnes de plus de 60 ans et présente souvent un caractère familial.

Toute chirurgie gastrique (gastrectomie partielle ou totale) réduit ou supprime la production de facteur intrinsèque. Les personnes ayant subi une chirurgie bariatrique (notamment un bypass gastrique) sont également concernées, car cette intervention modifie l’anatomie digestive et réduit la surface d’absorption.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) peuvent endommager l’iléon terminal, zone où se fait l’absorption de la B12. Une résection chirurgicale de cette partie de l’intestin a les mêmes conséquences.

La maladie cœliaque non traitée altère la muqueuse intestinale et peut compromettre l’absorption de nombreux nutriments, dont la vitamine B12.

La diminution de l’acidité gastrique

Avec l’âge, l’estomac produit naturellement moins d’acide chlorhydrique. Cette hypochlorhydrie touche près de 30% des personnes de plus de 60 ans. Elle empêche la libération de la vitamine B12 des protéines alimentaires, première étape indispensable de l’absorption.

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) constituent une cause fréquente et souvent méconnue de carence. Ces médicaments, prescrits contre les remontées acides, les ulcères ou pour protéger l’estomac lors d’un traitement anti-inflammatoire, bloquent la production d’acide gastrique. Un traitement de courte durée ne pose généralement pas de problème, mais une utilisation prolongée (plusieurs mois ou années) augmente significativement le risque de carence.

Les antihistaminiques H2 (ranitidine, famotidine), également utilisés contre les troubles digestifs, ont le même effet, bien que moins prononcé.

La metformine, médicament couramment prescrit dans le diabète de type 2, interfère avec l’absorption de la vitamine B12 par un mécanisme encore mal élucidé. Les diabétiques traités par metformine au long cours présentent un risque accru de carence.

Les autres facteurs de risque

Une infection chronique par Helicobacter pylori peut provoquer une gastrite chronique et réduire la production d’acide gastrique. Le traitement de cette infection améliore généralement l’absorption de la B12.

L’insuffisance pancréatique altère la digestion et peut compromettre la libération de la vitamine B12 des protéines alimentaires. Cette situation se rencontre dans les pancréatites chroniques ou la mucoviscidose.

Les maladies hépatiques sévères perturbent le stockage de la vitamine B12, car le foie constitue le principal réservoir de l’organisme.

L’usage récréatif de protoxyde d’azote (gaz hilarant) représente une cause émergente de carence, surtout chez les jeunes adultes. Ce gaz inactive la vitamine B12 présente dans l’organisme, provoquant parfois des symptômes neurologiques graves après une consommation répétée.

Enfin, certaines anomalies génétiques rares peuvent affecter le transport ou l’utilisation cellulaire de la vitamine B12.

Comment diagnostiquer une carence en vitamine B12 ?

Le diagnostic d’une carence en vitamine B12 repose sur des examens biologiques simples, mais leur interprétation nécessite parfois un peu de finesse.

Le dosage sanguin de la vitamine B12

Le dosage sérique de la vitamine B12 constitue l’examen de première intention. Une simple prise de sang suffit. Les résultats s’expriment en nanogrammes par litre (ng/L) ou en picomoles par litre (pmol/L).

Le diagnostic est clair lorsque le taux est inférieur à 180 ng/L (environ 133 pmol/L). On parle alors de carence avérée, qui justifie un traitement.

Au-delà de 350 ng/L, une carence est peu probable. Ces valeurs normales permettent d’écarter ce diagnostic devant des symptômes évocateurs.

La zone comprise entre 180 et 350 ng/L pose davantage de difficultés d’interprétation. Dans cette fourchette, une carence fonctionnelle reste possible. Plusieurs situations expliquent cette zone grise.

D’une part, le dosage mesure la B12 totale circulante, mais seule une fraction de cette vitamine est réellement active au niveau cellulaire. D’autre part, certaines personnes présentent des symptômes de carence avec des taux apparemment normaux, tandis que d’autres restent asymptomatiques avec des valeurs basses.

Le dosage de l’holotranscobalamine (ou vitamine B12 active) apporte une information plus précise. Cette forme liée à une protéine de transport spécifique (transcobalamine II) représente la fraction biodisponible de la vitamine. Un taux d’holotranscobalamine inférieur à 25 pmol/L confirme une carence fonctionnelle, même si la B12 totale paraît normale.

Les examens complémentaires

La numération formule sanguine révèle souvent une macrocytose, c’est-à-dire des globules rouges anormalement volumineux. Ce signe oriente vers une carence en B12 ou en folates (vitamine B9). Attention toutefois : la macrocytose n’est pas toujours présente au début, et certaines personnes carencées conservent des globules rouges de taille normale.

Lorsque les résultats de B12 se situent dans la zone grise ou lorsque les symptômes persistent malgré des taux apparemment corrects, on peut doser deux marqueurs du métabolisme cellulaire : l’homocystéine et l’acide méthylmalonique (MMA).

En cas de carence en B12, ces deux substances s’accumulent dans le sang car les enzymes qui les transforment nécessitent la présence de vitamine B12 pour fonctionner. Une élévation de l’acide méthylmalonique est particulièrement spécifique d’une carence en B12, tandis que l’homocystéine peut également augmenter en cas de carence en folates ou en vitamine B6.

La recherche d’anticorps anti-facteur intrinsèque ou d’anticorps anti-cellules pariétales gastriques permet de diagnostiquer une maladie de Biermer. Ces auto-anticorps sont présents dans la majorité des cas de cette pathologie auto-immune.

Un dosage des folates (vitamine B9) est souvent réalisé en parallèle, car une carence en folates provoque également une macrocytose et peut masquer ou aggraver certains symptômes.

Qui doit se faire dépister ?

Le dosage de la vitamine B12 n’est pas un examen systématique. Il se justifie dans plusieurs situations bien identifiées.

Toute personne suivant un régime végétarien strict ou végétalien devrait contrôler régulièrement son statut en B12, idéalement une fois par an. Ce dépistage permet d’adapter la supplémentation avant l’apparition de symptômes.

Les personnes de plus de 60 ans, surtout si elles prennent des IPP au long cours, constituent une population à risque. Un dosage peut être proposé devant une fatigue inexpliquée, des troubles de mémoire ou un bilan sanguin montrant une macrocytose.

Tout antécédent de chirurgie digestive (gastrectomie, bypass gastrique, résection de l’iléon) justifie une surveillance régulière, car ces interventions compromettent durablement l’absorption de la B12.

Les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou de maladie cœliaque bénéficient d’un contrôle périodique.

Les diabétiques traités par metformine, notamment depuis plusieurs années, devraient vérifier leur taux de B12, car ce médicament augmente le risque de carence.

Enfin, devant des symptômes neurologiques inexpliqués (fourmillements, troubles de l’équilibre, neuropathie), un dosage de B12 doit être demandé même si la numération sanguine est normale. Ces manifestations peuvent précéder l’anémie de plusieurs mois.

Les solutions pour corriger une carence en vitamine B12

Une fois le diagnostic posé, la correction de la carence fait appel à une supplémentation. Plusieurs options thérapeutiques existent, adaptées à la cause et à la sévérité du déficit.

La supplémentation orale

Contrairement à une idée reçue, la vitamine B12 prise par voie orale peut être efficace, même chez les personnes qui ne produisent plus de facteur intrinsèque. Cette efficacité repose sur l’existence d’un mécanisme d’absorption passif, indépendant du facteur intrinsèque.

Normalement, en présence de facteur intrinsèque, l’absorption de la B12 est très efficace mais limitée à environ 1,5 à 2 microgrammes par prise. Au-delà, les récepteurs spécialisés de l’iléon sont saturés. En revanche, environ 1% de la dose ingérée traverse passivement la paroi intestinale, quel que soit le statut en facteur intrinsèque.

Ce mécanisme passif devient intéressant avec des doses élevées : en prenant 1000 microgrammes (1 mg) par jour, environ 10 microgrammes sont absorbés par diffusion passive, soit largement plus que les besoins quotidiens. Des études ont démontré que cette approche normalise les paramètres biologiques aussi efficacement que les injections.

Les formes orales se présentent sous différentes galéniques : comprimés, gélules, solutions buvables, formes sublinguales (qui se dissolvent sous la langue). Toutes ces présentations se valent en termes d’efficacité, l’absorption se faisant principalement au niveau intestinal.

Concernant les types de vitamine B12, on trouve principalement deux formes sur le marché. La cyanocobalamine est une forme synthétique, stable et peu coûteuse. Elle doit être convertie par l’organisme en formes actives (méthylcobalamine et adénosylcobalamine). Cette conversion se fait normalement sans difficulté. La méthylcobalamine est une forme directement active, souvent présentée comme plus biodisponible, mais cette différence clinique reste débattue et non démontrée de façon formelle.

La supplémentation orale convient particulièrement bien aux carences d’apport (végétaliens, végétariens), aux carences légères à modérées, et peut également fonctionner dans la maladie de Biermer, à condition d’utiliser des doses suffisamment élevées (1000 à 2000 µg par jour).

Les injections intramusculaires

La voie injectable reste privilégiée dans certaines situations : carences sévères avec anémie profonde, présence de symptômes neurologiques, malabsorption documentée avec échec de la voie orale, ou préférence du patient.

Le protocole classique débute par une phase de charge destinée à reconstituer rapidement les réserves. On administre généralement 1000 microgrammes (1 ampoule) par voie intramusculaire, selon différents rythmes : quotidien pendant 7 à 10 jours, ou 3 fois par semaine pendant 2 à 3 semaines. Ce traitement initial permet de saturer les réserves hépatiques et de corriger l’anémie.

Suit ensuite un traitement d’entretien à raison d’une injection mensuelle de 1000 microgrammes. Cette dose mensuelle suffit à maintenir des taux normaux et à prévenir la réapparition des symptômes.

Les injections peuvent être réalisées par un professionnel de santé ou, après apprentissage, auto-administrées par le patient lui-même. La voie intramusculaire est bien tolérée, avec parfois une légère douleur au point d’injection.

Certains pays proposent des formes nasales ou sublinguales à haute dose comme alternative aux injections, mais leur disponibilité reste limitée en France.

La durée du traitement

L’amélioration clinique suit un calendrier relativement prévisible. Les premiers signes de correction apparaissent rapidement.

Le taux de réticulocytes (jeunes globules rouges) augmente dès la première semaine de traitement, signant la reprise d’activité de la moelle osseuse. L’anémie se corrige en 6 à 8 semaines en moyenne. La fatigue et l’essoufflement s’améliorent progressivement sur cette période.

Les symptômes neurologiques répondent plus lentement. Les fourmillements et engourdissements peuvent mettre plusieurs mois à disparaître. Les troubles de l’équilibre et les atteintes de la sensibilité profonde nécessitent parfois 6 à 12 mois de traitement pour s’améliorer significativement.

Certaines lésions neurologiques anciennes, installées depuis plusieurs années, peuvent laisser des séquelles définitives. D’où l’importance d’un diagnostic et d’un traitement précoces.

La durée totale de la supplémentation dépend de la cause de la carence. Si la cause est réversible (arrêt d’un IPP, traitement d’une infection à Helicobacter pylori, correction d’une carence d’apport), le traitement peut théoriquement être interrompu une fois les taux normalisés et les réserves reconstituées.

En revanche, si la cause est irréversible (maladie de Biermer, gastrectomie totale, résection complète de l’iléon), la supplémentation doit être poursuivie à vie. L’arrêt du traitement conduirait inévitablement à une récidive de la carence.

Les personnes végétaliennes doivent également maintenir une supplémentation permanente, car leur alimentation ne peut pas couvrir leurs besoins.

Un contrôle biologique est généralement programmé après 3 mois de traitement pour vérifier la normalisation des paramètres. Un suivi annuel peut ensuite suffire chez les patients stables.

L’alimentation riche en vitamine B12

La supplémentation ne dispense pas d’une alimentation équilibrée. Connaître les sources alimentaires de B12 permet d’optimiser les apports, notamment pour les personnes à risque de carence d’apport.

Les abats constituent les sources les plus concentrées : le foie (veau, agneau, volaille) apporte 60 à 90 µg de B12 pour 100 grammes, soit 15 à 20 fois les besoins quotidiens. Les rognons affichent également des teneurs élevées.

Les poissons et fruits de mer représentent d’excellentes sources : maquereau, sardines, saumon, truite (3 à 9 µg/100g), huîtres, moules, palourdes (10 à 20 µg/100g).

La viande rouge et la volaille contiennent des quantités modérées mais significatives : bœuf, agneau, porc (1 à 3 µg/100g), poulet, dinde (0,3 à 0,6 µg/100g).

Les œufs apportent environ 1,3 µg de B12 par œuf, principalement concentrée dans le jaune.

Les produits laitiers fournissent des quantités variables : fromages (0,5 à 3 µg/100g selon les variétés), lait (0,4 µg/100ml), yaourts (0,3 à 0,7 µg/pot).

Pour les personnes suivant un régime végétarien ou végétalien, certains aliments enrichis peuvent contribuer aux apports : boissons végétales enrichies, céréales de petit-déjeuner, levure nutritionnelle enrichie. Il faut toutefois vérifier systématiquement l’étiquetage, car tous les produits ne sont pas enrichis. Ces aliments enrichis ne dispensent pas d’une supplémentation chez les végétaliens.

Les algues (spiruline, chlorelle, nori) contiennent des composés ressemblant à la B12 mais biologiquement inactifs chez l’homme. Elles ne constituent donc pas une source fiable.

Prévenir la carence en vitamine B12

La prévention repose sur l’identification des personnes à risque et la mise en place de mesures adaptées.

Toute personne adoptant un régime végétalien devrait débuter une supplémentation systématique dès le changement alimentaire, sans attendre l’apparition de symptômes. Une dose quotidienne de 25 à 100 µg ou une dose hebdomadaire de 2000 µg permet de maintenir des taux satisfaisants. Les femmes enceintes ou allaitantes végétaliennes nécessitent une surveillance particulièrement attentive, car les besoins augmentent et le nouveau-né dépend entièrement des apports maternels.

Les végétariens qui consomment régulièrement œufs et produits laitiers peuvent généralement couvrir leurs besoins alimentaires, mais un contrôle biologique tous les 2 à 3 ans reste prudent.

Après une chirurgie gastrique ou bariatrique, un suivi médical régulier avec dosages de B12 doit être organisé. Une supplémentation préventive est généralement prescrite d’emblée.

Les patients sous traitement IPP au long cours devraient discuter avec leur médecin de la nécessité réelle de poursuivre ce traitement. Si l’indication reste justifiée, un contrôle de la B12 tous les 2 à 3 ans permet de détecter une carence débutante.

Les diabétiques traités par metformine bénéficient d’un dosage régulier de la vitamine B12, notamment s’ils prennent ce médicament depuis plusieurs années ou à doses élevées.

Chez les personnes âgées, une vigilance particulière s’impose devant des signes évocateurs : fatigue inhabituelle, troubles de mémoire récents, modification de la démarche. Un dosage simple permet d’écarter ou de confirmer cette cause facilement traitable.

Les patients atteints de maladies chroniques digestives (Crohn, rectocolite, maladie cœliaque) font l’objet d’un suivi régulier incluant le statut en micronutriments, dont la vitamine B12.

La carence en vitamine B12 se corrige facilement lorsqu’elle est détectée à temps. Un dosage sanguin suffit généralement à poser le diagnostic, et la supplémentation permet de restaurer des taux normaux en quelques semaines. Si vous présentez des symptômes évocateurs ou appartenez à un groupe à risque, consultez votre médecin pour un bilan adapté.

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